Pour servir à boire, prière de montrer son permis

Publié le par Mat

À Caen, une dizaine de cafetiers ont passé leur « permis d'exploitation ». Trois jours de formation désormais obligatoires pour ouvrir un débit de boissons.

Les professionnels des métiers de bouche ont décidé de mettre toute leur bonne volonté sur la table. Le secteur de l'hôtellerie et de la restauration, fréquemment montré du doigt pour son implication dans les accidents routiers causés par l'alcool, veut se montrer « responsable ».

Valable dix ans

Pour ouvrir un établissement, les futurs exploitants devront désormais posséder un « permis d'exploitation » que les syndicats professionnels ont appelé de leurs voeux. Une attestation remise à l'issue de trois jours de formation. Avec au menu : alcool, produits illicites, problèmes de violence et de discrimination.

Un cocktail explosif auquel ne semble pas goûter Brigitte Le Boucher. C'est l'une des huit participants réunis en fin de semaine dernière, à Caen, pour une session de formation. La première du genre en Normandie.

« Je ne suis pas fondamentalement contre, mais j'avoue que, ce matin, j'étais énervée à l'idée de venir, peste la toute nouvelle propriétaire d'un bar tabac à Caen. cela me dérange dans mon travail. J'ai dû me faire remplacer pour participer à cette session. »

Trois jours de stage pour un permis d'exploitation valable dix ans : pour Didier Liaudet, formateur agréé, ce n'est pas vraiment la mer à boire. Quiconque a ouvert son établissement depuis le 1er avril dernier, doit obtenir ce permis avant la mi-janvier 2008.

700 euros la formation

Pour les nouveaux détenteurs d'une licence de vente d'alcool, il faut donc se résoudre à ingurgiter trois jours de réglementations fastidieuses. Parfois allégées par quelques savoureuses digressions du genre : « Y a-t-il une différence de goût entre Ricard et Pastis 51 ? »

Quant au stage « 700 euros à nos frais, ça fait un peu beaucoup », lâche un futur cafetier. Pour les autres, une moue dubitative fera office de réponse.

« On y apprend des choses, tempère Brigitte Le Boucher. Mais il faudrait presque faire le stage avant de s'engager dans une affaire. Quand on voit ce qui nous attend au niveau de la réglementation, on y réfléchirait peut-être à deux fois ! » Preuve sans doute que le travail de formation n'est pas inutile.

« Cela permet au moins de repréciser certains aspects législatifs », assure Didier Liaudet. Et d'éviter ainsi aux futurs exploitants de bien mauvaises surprises.

Récente acquéreuse d’un bar tabac, Brigitte Le Boucher n’a pas échappé aux trois jours de formation désormais obligatoires à tout nouveau propriétaire d’une licence d’alcool. Elle était en formation à Caen la semaine dernière.


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Publié dans Ouest France

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