Du gazon de salon pour les joueurs caennais
Une moquette, un billard, un green. Appelez ça comme vous voulez. En tout cas, les joueurs malherbistes ne pourront plus compter sur le maudit gazon pour justifier leurs erreurs techniques. La nouvelle pelouse de d'Ornano, au nom de marque déposée, ressemble plus à un terrain synthétique qu'à un vulgaire terrain en herbe. Vulgaire ? Erreur fatale. « Le Terrafoot, c'est un substrat très élaboré », assure Laurent Pien, ingénieur au service des espaces verts de Caen.
Résultat de ce mélange compliqué de mâchefer et de pouzzolane : un tapis vert, paré pour recevoir tacles labourant de latéraux et giboulées de mars. « Il est totalement inerte et résiste à l'arrachement. En plus, il draine l'eau très vite. » D'autant que la surface de jeu est légèrement bombée, « pour accélérer l'écoulement des eaux ». Il est bien loin le temps du champ de patates que les visiteurs raillaient avant les matchs.
À 24 heures de la reprise du championnat, les employés municipaux sont fins prêts. Eux aussi démarrent leur saison, ce soir, après un suivi journalier tout l'été. Pas un faux rebond à déclarer. Pour l'instant. « Les choses se compliquent vers les mois de décembre, janvier. Mais le terrain tiendra d'autant mieux qu'il aura été bien préparé. » Et tout prête à croire qu'il l'a été. « Nous travaillons 3 500 heures par an sur cette pelouse, explique Laurent Pien. Notre but, c'est de faire plaisir aux joueurs mais aussi aux spectateurs. »
Pour cela, les 8 400 m2 d'herbe passent à la tondeuse au moins deux fois la semaine. Et « toujours la veille de match, avant le traçage des lignes de jeu », indique Didier Fouchard, adjoint du chef d'équipe aux terrains de sport.
Un exercice précis. « Nous tondons la pelouse à 28 mm. » Et si possible, dans tous les sens, jusqu'à ce que le billard se pare de zébrures typiquement british. Un petit bijou pour les yeux comme pour les pieds. « Les joueurs vont vraiment se faire plaisir », sourit Didier Fouchard, qui sera ce soir aux abords du terrain pour reboucher les trous. « Y'a plus qu'à gagner ! »
Laurent Pien (à droite), Didier Fouchard (à gauche) et François Bourdelles (derrière) font partie des onze employés municipaux à s'occuper des 42 terrains enherbés de Caen. Parmi ceux-ci, le nouveau billard du Stade Malherbe.