La carte postale version 2007 se porte bien

Publié le par Mat

Avec l’émergence des nouvelles technologies, on ne donnait pas cher des cartes postales. Elles continuent pourtant à se vendre. Mais ont changé d’apparence.

Qui a dit que les cartes postales, c’était fini ? Que ceux qui ont arrêté d’en envoyer, prétextant être passés à la page numérique, lèvent le doigt. Les commerçants du centre-ville l’assurent, unanimes : le marché n’est pas mort. « Ça n’a pas bougé, commente Luc, au tabac presse Le Maryland. Les e-mails et la carte postale, ce n’est pas la même clientèle. Les gens qui envoyaient des lettres de vacances avant Internet continuent à le faire. » Devant son tabac, Stéphanie, touriste nantaise de 33 ans, semble lui donner raison. « Au risque de paraître rétrograde, je ne me suis pas encore mise aux nouvelles technologies. Pour les vacances, je reste attachée à la carte traditionnelle. »

Elle n’est pas la seule. Le facteur du centre-ville, Michel, en voit « toujours autant » passer dans son casier. « C’est une tradition qui se perpétue, même avec Internet et les appareils photos. Dans l’idée des gens, envoyer une carte postale, c’est un signe d’amitié. »

Vu de chez Plein ciel, on explique aussi les bonnes ventes par la météo. « Puisqu’il n’a pas fait beau, les touristes de la côte sont venus en ville », analyse Caroline Pinaud, la directrice. Avec 1371 « cartes classiques » écoulées en quinze jours, elle aurait tort de transformer sa papeterie en cybercafé. « Malgré les SMS et les e-mails, les jeunes se remettent à acheter de la carte postale, assure-t-elle, devant un présentoir clairsemé. Ceci dit, ce ne sont plus celles que nos parents prenaient par paquets de quinze. Elles s’achètent à l’unité, et pas nécessairement pour les envoyer. » Des cartes plus recherchées esthétiquement et donc plus chères en caisse.

L’humour est tendance

Une mutation dans le marché de la carte postale que Sylviane Bisson a pu observer de près, depuis 17 ans qu’elle possède sa petite carterie Eleusis. « Je vends toujours autant de cartes mais les styles ont évolué. »

Si les traditionnelles multivues de Caen ont encore leur place à l’extérieur de son magasin, la tendance est aux cartes humoristiques. Et les best-sellers sont siglés Heula. « Elles présentent la Normandie avec humour », explique Nicolas qui s’apprête à en poster deux à des copains moqueurs. Sur l’image, ours polaire, pingouin et phoque suivent la direction Normandie, sous la légende : « A chacun sa côte d’Azur ».

« Les e-mails ne remplaceront jamais la carte postale, explique le jeune homme. C’est comme un journal. Il y a beau y avoir Internet, c’est toujours agréable de lire la version papier. »

 

À côté des classiques vues du château, de la mairie et des plages du Débarquement, les cartes humoristiques et fantaisistes font désormais plus que tirer leur épingle du jeu. Des innovations dans le style qui permettent aux vendeurs de cartes de bien se porter.

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Publié dans Ouest France

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