Deux siècles denfance au château de Bénouville
Une exposition des Archives départementales retrace les conditions de vie des enfants en Basse-Normandie de 1760 à 1968. Instructif.
Ce n’est pas vraiment un hasard de voir le château de Bénouville, près de Caen, prêter ses murs à une exposition dédiée à l’enfance. Longtemps en effet, le bâtiment de l’architecte Claude-Nicolas Ledoux a abrité maternité, pouponnière et autre foyer pour mineurs.
En cette année 2007 qui marque le 80e anniversaire de la création de
Quand les enfants travaillaient
« Les années 1760 marquent les débuts du travail des enfants dans l’industrie ainsi que ceux de l’obstétrique », raconte Martine Le Roc’h Morgère, conservatrice aux archives du Calvados, devant le « mannequin de Madame Du Coudray », utilisé lors des démonstrations d’accouchement à la fin du XVIIIe siècle. « Quant à 1968, c’est une date qui constitue une rupture dans le système éducatif, tant à l’école que dans les loisirs. »
Entre ces deux périodes, ce sont deux siècles d’histoire que l’exposition traverse. De l’enfant employé dans les mines ou dans les nombreuses filatures de la région, à celui enfermé dans des maisons de correction, c’est une sombre représentation de la condition enfantine au XIXe siècle qui s’offre au visiteur. Le tout au travers de peintures, publicités, costumes et rapports administratifs. Puis, au tournant du XXe siècle, vient le temps de la promotion de l’hygiène et de l’instruction.
Une époque aussi « où les industriels n’ont plus besoin de la main-d’œuvre enfantine », précise Martine Le Roc’h Morgère. En 1960 pourtant, malgré la scolarisation de masse, « plus de 60 % des enfants du département continueront à travailler dans l’agriculture ».
Pratique. Exposition « Enfances normande », au château de Bénouville. Ouverte de 14 h à 18 h (sauf le mardi et les 22 et 23 septembre) jusqu’au 30 septembre. Tarif normal : 1,50 €. Tarif groupe : 1,05 €. Tarif étudiant : 0,75 €. Gratuit moins de 18 ans.

Des visiteurs de l’exposition « Enfances normandes » se remettent dans la peau d’écoliers du début de siècle. Documents pédagogiques d’époque et encriers de rigueur permettent de se transporter d’un siècle dans le passé.