La plate-forme de déchets en débat à Blainville

Publié le par Mat


Un site de transit et de tri de déchets industriels dangereux pourrait voir le jour à Blainville. Les riverains organisaient hier une réunion publique d’information.

Ce devait être une « réunion publique d’information ». Mercredi soir pourtant, à Blainville-sur-Orne, les avis sur la plate-forme de déchets industriels dangereux qui pourrait voir le jour entre le Canal et l’Orne étaient déjà bien tranchés.

Alors que l’enquête publique, imposée pour ce type de projets potentiellement dangereux, est close depuis le 3 août dernier, une soixantaine de riverains sont venus opposer leurs arguments à ceux des deux industriels présents. « Deux logiques qui ne se nourrissent pas du même terreau », résume fort à propos Yann Madeline, dont la société, Madeline SA est « associée à 50-50 avec Veolia » sur le projet Drakkar.

D’un côté, l’Association pour la défense de la qualité de vie à Bénouville (ADQVB), à l’origine d’une pétition qui a recueilli 304 signatures en plein été. Des riverains qui craignent que l’implantation de cette plate-forme ne « détruise la qualité de nos vies » et dénoncent le « manque de cohérence entre ce que le Conseil général investit pour faire une zone protégée et l’implantation d’une entreprise qui va trier et stocker des produits dangereux ». Avec les risques potentiels d’explosion ou d’incendie, inhérents à une telle installation.

Des arguments difficilement recevables pour Yann Madeline. Tout en jugeant impossible le « risque zéro », il se veut rassurant : « Ce n’est pas un centre de traitement de déchets. Il n’y aura bien entendu aucun déchet radioactif, aucun rejet gazeux et aucun rejet liquide. Ce sera juste une plate-forme logistique comme il en existe dans toutes les agglomérations de 200 à 300 000 habitants. »

« Une démarche  environnementale »

Jean-François Nogrette, chargé de la gestion des déchets spéciaux chez Veolia, va plus loin. « Trier des déchets dangereux pour en faire des lots homogènes, c’est une démarche environnementale au départ. »

Reste à convaincre les communes alentours d’accueillir sur leur sol la plate-forme. Pour l’heure, Ranville et Bénouville se sont opposées au projet. Du côté de Blainville-sur-Orne, Yves Le Roux, le maire adjoint, précise le calendrier municipal : « Nous discuterons du projet Drakkar le 12 septembre et le 24 du même mois, nous émettrons un avis favorable ou défavorable. »

En attendant la conclusion du commissaire-enquêteur, les riverains regroupés dans l’ADQVB assurent désormais vouloir mener les débats devant le tribunal administratif. Et préviennent : « La mobilisation continue. »

Dans la zone portuaire de Blainville, entre le canal et l’Orne, la société Drakkar a acheté 15 000 m2 de terrains à la Chambre de commerce  et d’industrie de Caen, en vue d’y installer une plate-forme logistique de tri des déchets industriels dangereux.
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Publié dans Ouest France

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