Un bras paralysé, Amélie fait la course en tête
Cette athlète du SC Hérouville a remporté la semaine dernière le
Elle a beau avoir remporté la semaine dernière le
Avant, c’était avant son accident, un soir de décembre 2003. Fauchée par une voiture. Elle s’en est sortie miraculeusement. Victime d’une lésion du plexus brachial, « la blessure du motard », Amélie ne retrouvera pourtant jamais l’usage de son bras gauche.
Depuis, parallèlement à sa formation de secrétaire, elle court. Et vite. Comme pour passer à autre chose. Comme si elle avait à prouver. Une forme d’exutoire autant qu’une manière d’exister dans le regard des autres. « L’athlétisme, pour moi, c’est un défi, affirme-t-elle doucement. C’est aussi une manière de retrouver confiance. Je ne sais pas si je pourrais un jour accepter mon handicap, mais je fais en sorte de surmonter cette épreuve de la vie. » Un rien manichéenne, elle ajoute : « Il y a deux choix : soit on veut s’en sortir, soit on baisse les bras et on tombe dans la dépression. »
Simplicité
Assurément, cette Cuvervillaise a choisi la première piste. Celle des tartans et des séances de musculation, commencées fin 2006, au club d’athlétisme d’Hérouville. « C’est trois entraînements dans la semaine normalement, mais j’ai un peu fait ma fainéante cette année », avoue la jeune femme. Des facilités qui augurent de belles performances pour la suite d’une carrière naissante. Si carrière il y a.
Car pour l’heure, Amélie Fleury semble vouloir profiter de la vie, un beau sourire constamment accroché au visage. Amatrice de cinéma américain et de rap français, elle n’a pas l’air pressée de goûter au succès. Quelqu’un de « simple », à en croire son ami. Assurément, elle souhaite le rester. Son cadre de vie, en revanche pourrait bien changer. Elle espère s’installer, à Caen ou ailleurs. Avant cela, il y a Pékin. Il ne reste plus beaucoup de temps pour se préparer, mais on peut lui faire confiance pour allonger la foulée.
Amélie Fleury, récente vainqueure du