2 000 km à vélo : la grande boucle d'Éric
J-4 avant le départ. Éric Fouchet est fin prêt. Les 2 000 km d'asphalte qu'il va devoir avaler en cinq semaines ne semblent pas l'effrayer outre mesure. Il sait qu'il est rodé. Et il l'annonce fièrement, l'index pointé vers la boulangerie d'à côté : « Je fais du vélo tous les jours. Je vais là-bas acheter le pain... et je reviens. » Rires.
Pour tout dire, notre homme n'a pas l'air de s'en faire. À se demander s'il va vraiment partir. Avec sa barbe d'une semaine et ses chaussures de montagne, il a le look du parfait routard. Mais plutôt tendance marcheur que rouleur. On s'inquiète de sa préparation, lui relativise : d'autres ont fait des choses bien plus extraordinaires. Et puis il a l'expérience des voyages : une semaine de vélo en Suède en tant qu'animateur, une traversée du Maroc en voiture et de la Turquie en auto-stop. De quoi partir en toute confiance : « Je vois vraiment ça comme la montagne. Les premiers jours sont difficiles et après, c'est bon ! » Tout au plus, concède-t-il un petit trac, « le même qu'au théâtre avant de monter sur scène. »
Après tout, on finit par se dire que 2 000 km, ça en fait toujours 1 550 de moins à pédaler que les professionnels du Tour de France. Oui mais voilà : ce comédien facétieux au rire contagieux reste un amateur. Amateur de voyages, avant tout, bien plus que de compétition.
60 à 70 km par jour
Très peu pour lui l'échappée solitaire, nez dans le guidon. Son périple, il a choisi de le faire « au ralenti », dopé au grand air de la découverte, les cinq sens en éveil sur son VTC flambant neuf. « J'ai calculé que je ferai en moyenne 60 à 70 km par jour. Je suis sûr que je pourrais faire plus. »
Mais il ne roule ni pour la gloire, ni pour la performance kilométrique : « Je voulais partir en voyage et je cherchais un mode de transport autre que la voiture. Quelque chose qui soit écolo et économique en même temps. J'avais le choix entre les rollers, la trottinette et le vélo. » La décision fut vite prise.
Cyclotourisme
Depuis hier mardi, le voilà parti pour une pérégrination qui le mènera de Strasbourg à Budapest, le long du Danube bleu, via Nuremberg, Prague, Linz, Vienne et Bratislava. « Et un saut en train vers Venise, à la fin, pour la Biennale. » Ses étapes, il les fera où sa curiosité le conduira. Affable, Éric Fouchet espère revenir les sacoches pleines de contacts et de souvenirs... « Même de galères ! Ça fait partie du voyage. C'est souvent ce qu'on garde en mémoire à la fin. »
Pour l'heure, ses besaces contiennent de quoi manger, dormir et quelques cartes des routes allemandes. Ainsi qu'un appareil photo. C'est un touriste après tout. Qui trace sa route, en solitaire, loin des circuits de tour-opérateurs. À chacun sa façon de parcourir le monde : « Si je veux le faire en voyage organisé, alors je l'organise avec mes potes ! »
Éric Fouchet à Strasbourg, d'où il est parti, hier, pour un voyage en vélo qui le conduira jusqu'à Budapest. Une boucle d'environ 2 000 km pour découvrir à sa manière l'Europe de l'Est.