Serein, le bassin de Calix accueille ses F1

Publié le par Mat

Pendant deux jours, les championnats de France inshore se dérouleront à Caen. Une manifestation spectaculaire pour une logistique tout aussi importante.


Prêts à vous en mettre plein les yeux ? Ce week-end, c'est une manifestation assez extraordinaire qui se déroulera au pied du viaduc de Calix. Le bassin du même nom accueillera la douzième édition des championnats de France inshore. Des sortes de formules 1 des mers qui se font aussi rares que les courses auxquelles elles participent. « Ce sont des manifestations difficiles à monter, explique Christophe Lelièvre, du Caen nautic club. On voit bien qu'il y a de moins en moins de courses donc de moins en moins de bateaux sur l'eau et en conséquence de moins en moins de sponsors... » Sport peu médiatisé, la boucle est bouclée.

90 bénévoles

Avant le départ des épreuves de vitesse et d'endurance (3 heures de course), et la venue de milliers de spectateurs (16 000 en deux jours l'année dernière), les organisateurs donnent un dernier coup d'accélérateur. Et laissent entrevoir la démesure de la fête populaire qu'ils préparent. « 90 bénévoles, 460 repas, 600 litres de carburant pour les bateaux et 3 kilomètres de câbles pour la sonorisation », indique Didiet Loret, président du Caen nautic club. Sans compter l'impressionnant dispositif de sécurité (lire ci-dessous).

Face au Nouveau Bassin, à J-1, c'est le calme plat. Avant la tempête nautique. Quelques participants commencent tout de même à investir au compte-gouttes le parc à bateaux. Un espace de « 400 mètres de long sur 70 de large » qui leur est réservé. La « team » de Pierre Huon, venue de Dinard, installe son chapiteau aux côtés du camion de la Fédération française de motonautisme. Barrières de protection installées, tentes de jaugeurs montées, seules deux grues de mise à l'eau demeurent au point mort. Pour le reste, les bénévoles du Caen nautic club s'occupent de tout. Rien d'anormal à signaler. Au contraire. Le responsable de la sécurité, Christophe Lelièvre, apparaît confiant quant au bon déroulement de l'événement : « La course est bien rôdée. » Reste à la lancer.


Hier, face au Nouveau bassin, les participants ont commencé à prendre place dans le parc à bateaux qui leur est spécialement dédié. Installation des chapiteaux, des camping-cars et des bolides tant attendus. Ils ne prendront l'eau que ce samedi, au premier jour de course.




Sécurité drastique pour les bolides nautiques

Qui dit vitesse dit danger. Et qui dit danger dit mesures de sûreté. Les organisateurs de la course ne lésinent pas sur la protection. Celle des spectateurs bien sûr, mais aussi et surtout celle des pilotes, embarqués dans de véritables bolides des mers. Christophe Lelièvre, responsable de la sécurité sur l'événement ne s'en cache pas : « S'il y a un accident, cela peut être assez dangereux. »

Logique, avec des engins pouvant atteindre les 200 km/h. « L'année dernière, le cap de direction de Philippe Jouen s'est cassé et son bateau est allé mourir sur les rochers », raconte ce membre du Caen nautic club. Résultat : un pilote choqué mais aucun blessé parmi les spectateurs.

Heureusement, le matériel évolue. « Il n'y a presque plus de blessés graves, assure Alain Chancerel, qui pilotera le bateau de sécurité de la Fédération motonautique. Ce sont plus des petits bobos. Les cellules des bateaux sont désormais mieux protégées. » Pour autant, Nelson Morin, qui mène la course en tête des championnats de France de vitesse, tentera d'éviter de se retourner. « Car l'eau salée du bassin de Caen attaque le matériel. Il faut tout démonter après. » Hormis cela, le canal se prête bien à une telle course. Seul le facteur vent pourrait favoriser les incidents. « Pourvu qu'il n'y en ait pas trop », espère Alain Chancerel.

Si le pire arrivait, lui et son équipe seront aux aguets. Tout est mis en oeuvre pour porter secours à un pilote malchanceux : 14 plongeurs professionnels, 7 pneumatiques de sécurité, un bateau médical de la Fédération française motonautique et deux jet skis de sécurité. À quai, deux ambulances seront aussi en embuscade. Au cas où.

Côté cabine, les pilotes, eux aussi, seront équipés : casque, combinaison et chaussures ignifugées, gilet de sauvetage et harnais de sécurité. Et une cellule ouvrable pour pouvoir s'échapper. Toujours plus de vitesse, mais un peu moins de danger.

Nelson Morin, en tête des championnats de France de vitesse, explique le fonctionnement de la cellule ouvrante de son inshore S 850. Ces dernières années, l'évolution du matériel a permis d'atténuer la gravité des accidents.

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Publié dans Ouest France

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