Sud veut remettre la SNCF sur les rails

« On vit dans un monde de bâtards quand même ! ». Le jeune homme a des raisons d’être en colère. Il fait partie des 163 ex-emplois-jeunes de la SNCF à s’être fait « sucrer » ses primes de travail et de fin d’année durant ses cinq ans de contrat. Mais c’est contre les longueurs de l’institution judiciaire qu’il grogne, alors qu’une secrétaire du tribunal de prud’hommes se fait invectiver. « Ils feront tout pour te faire revenir un autre jour ». Sur ce point-là, difficile de lui donner tort. Dans la bataille juridique qui oppose la SNCF à ses anciens salariés, le jugement du tribunal a été mis en délibéré au 12 février 2007.
Condamnée le 9 octobre par la chambre sociale de la cour d’appel de Lyon dans un cas similaire, l’entreprise ferroviaire doit cette fois gérer une action de masse soutenue par Sud Rail. Une quarantaine d’ « ex », principalement issus des établissements de Paris-Saint-Lazare et de Mantes-la-Jolie, sont physiquement présents. Dans leurs habits du mercredi. Devant la chambre de départage, ils se rappellent les joies du rail. Ou s’entretiennent avec des délégués syndicaux aux visages ostensiblement embarbés.
« On ne va pas plaider un par un. On connaît la lenteur de la justice française » tente, pédagogue, d’expliquer un cheminot de Sud Rail. Plus loin, son collègue militant essaie de convaincre son auditoire : « Une action collective, ça nous permet de faire de l’agitation ». Mais le message a parfois du mal à passer. Un « vert », de ceux « qui aident à monter dans les trains », n’a pas bien retenu la leçon : « Il y a des primes qui n’ont pas été payées… apparemment ».
À l’évidence, beaucoup de jeunes ne semblent pas bien savoir ce qu’ils font là. Le hall fait office de « Point rencontre » : « Ouaiche Mohammed, ca va, t’es venu ? » interroge surpris un de ces gaillards embauché en 1999 pour « renforcer la présence humaine dans les gares ». « D’habitude, t’engrènes, t’engrènes et après je me retrouve tout seul » lance-t-il. « On savait qu’il y aurait d’autres audiences » se défend l’autre. Courageux, l’un de ses anciens collègues tente d’entrer dans la chambre de 20 m2 : Le délégué de Sud St Lazare freine ses ardeurs : « Fais doucement, la juge professionnelle est susceptible ». Un plaignant s’impatiente : « Moi, je vais reprendre un café ».
Plus convaincu, l’avocat des 163 emplois-jeunes, Me Xavier Robin, rappelle qu’ils n’ont « pas été engagés en tant que vacataire, saisonniers ou pour des travaux occasionnels ». A ce titre, comme les autres agents, ils ont droit aux 2 300 euros annuels qu’ils réclament. « La loi ne prévoyait pas qu’on sous-paie les emplois-jeunes » renchérit Dominique Malvaud, le représentant syndical de SUD Rail. Au total, pas moins de 20 millions d’euros auraient ainsi été économisés sur le dos des salariés, d’après le syndicaliste. L’entreprise publique se défend d’avoir lésé ces jeunes affectés à des missions d’accueil et d’assistance aux voyageurs. « Ils ont bénéficié du statut particulier que la loi avait créé », assure la direction.
En attendant que la justice rende sa décision, Sud Rail appelle à continuer la mobilisation et tacle au passage les autres organisations syndicales : « On a essayé de les mettre dans le coup, mais elles n’ont pas réagi » lance le représentant de Sud aux plaignants. De toute façon, beaucoup ont déjà quitté les lieux. Mais « il reste du café et quelques brioches ».
Condamnée le 9 octobre par la chambre sociale de la cour d’appel de Lyon dans un cas similaire, l’entreprise ferroviaire doit cette fois gérer une action de masse soutenue par Sud Rail. Une quarantaine d’ « ex », principalement issus des établissements de Paris-Saint-Lazare et de Mantes-la-Jolie, sont physiquement présents. Dans leurs habits du mercredi. Devant la chambre de départage, ils se rappellent les joies du rail. Ou s’entretiennent avec des délégués syndicaux aux visages ostensiblement embarbés.
« On ne va pas plaider un par un. On connaît la lenteur de la justice française » tente, pédagogue, d’expliquer un cheminot de Sud Rail. Plus loin, son collègue militant essaie de convaincre son auditoire : « Une action collective, ça nous permet de faire de l’agitation ». Mais le message a parfois du mal à passer. Un « vert », de ceux « qui aident à monter dans les trains », n’a pas bien retenu la leçon : « Il y a des primes qui n’ont pas été payées… apparemment ».
À l’évidence, beaucoup de jeunes ne semblent pas bien savoir ce qu’ils font là. Le hall fait office de « Point rencontre » : « Ouaiche Mohammed, ca va, t’es venu ? » interroge surpris un de ces gaillards embauché en 1999 pour « renforcer la présence humaine dans les gares ». « D’habitude, t’engrènes, t’engrènes et après je me retrouve tout seul » lance-t-il. « On savait qu’il y aurait d’autres audiences » se défend l’autre. Courageux, l’un de ses anciens collègues tente d’entrer dans la chambre de 20 m2 : Le délégué de Sud St Lazare freine ses ardeurs : « Fais doucement, la juge professionnelle est susceptible ». Un plaignant s’impatiente : « Moi, je vais reprendre un café ».
Plus convaincu, l’avocat des 163 emplois-jeunes, Me Xavier Robin, rappelle qu’ils n’ont « pas été engagés en tant que vacataire, saisonniers ou pour des travaux occasionnels ». A ce titre, comme les autres agents, ils ont droit aux 2 300 euros annuels qu’ils réclament. « La loi ne prévoyait pas qu’on sous-paie les emplois-jeunes » renchérit Dominique Malvaud, le représentant syndical de SUD Rail. Au total, pas moins de 20 millions d’euros auraient ainsi été économisés sur le dos des salariés, d’après le syndicaliste. L’entreprise publique se défend d’avoir lésé ces jeunes affectés à des missions d’accueil et d’assistance aux voyageurs. « Ils ont bénéficié du statut particulier que la loi avait créé », assure la direction.
En attendant que la justice rende sa décision, Sud Rail appelle à continuer la mobilisation et tacle au passage les autres organisations syndicales : « On a essayé de les mettre dans le coup, mais elles n’ont pas réagi » lance le représentant de Sud aux plaignants. De toute façon, beaucoup ont déjà quitté les lieux. Mais « il reste du café et quelques brioches ».
Publicité